Le compteur Linky revient souvent dans les projets de borne de recharge. On l’imagine parfois comme une sorte de pilote intelligent capable de tout gérer tout seul : puissance, heures creuses, délestage, suivi de consommation. Dans les faits, il aide, mais il ne fait pas le travail de l’installation.
Pour une recharge à domicile, la question utile est plus simple : est-ce que votre compteur, votre tableau électrique et vos usages peuvent encaisser une borne sans faire sauter la maison ? C’est là que Linky donne des informations intéressantes, à condition de ne pas lui demander plus que ce qu’il sait faire.
Ce que Linky peut vraiment apporter
Linky permet d’abord de connaître la puissance souscrite et de mieux suivre la consommation du logement. Si vous êtes en 6 kVA, 9 kVA ou 12 kVA, l’impact d’une wallbox ne sera pas le même. Une borne de 7,4 kW, par exemple, peut déjà consommer une grosse partie de la puissance disponible sur une installation monophasée.
Le compteur peut aussi fournir des informations utiles à certains équipements via la télé-information client, souvent appelée TIC. Selon la borne, le module de délestage ou l’interface installée, ces données peuvent servir à adapter la puissance de recharge en fonction de ce que consomme déjà la maison.
Dit autrement : Linky peut donner une mesure. La borne ou le module de pilotage doit ensuite savoir quoi en faire. C’est une nuance importante, parce qu’un compteur communicant ne transforme pas automatiquement une installation limite en installation confortable.
Ce qu’il ne faut pas attendre du compteur
Linky ne vérifie pas l’état du tableau électrique, la qualité de la terre, le chemin du câble ou la protection différentielle prévue pour la borne. Il ne remplace pas non plus la visite d’un installateur IRVE. Si le devis se contente de dire que “Linky gère la puissance”, je vous conseille de demander des précisions.
Le compteur ne choisit pas la bonne puissance de borne à votre place. Une maison peut avoir un abonnement suffisant sur le papier, mais déjà beaucoup d’appareils lourds : chauffage électrique, pompe à chaleur, ballon d’eau chaude, plaque de cuisson, four, climatisation. Si la recharge démarre au mauvais moment, le compteur peut couper.
C’est pour ça que le sujet doit être traité avec le tableau et les usages réels. Avant de valider une puissance, l’installateur doit regarder la puissance souscrite, le type d’alimentation, les habitudes de recharge, les gros consommateurs de la maison et la possibilité d’ajouter un délestage.
Linky et délestage : le point à bien comprendre
Le délestage dynamique est souvent la partie la plus intéressante avec Linky. Le principe est simple : la borne réduit temporairement sa puissance quand la maison consomme déjà beaucoup. La recharge peut ralentir, mais l’installation évite de dépasser la limite du compteur.
J’aime bien cette logique, surtout sur les maisons où l’on veut éviter d’augmenter l’abonnement trop vite. Mais il faut que ce soit prévu correctement. Le module doit être compatible, câblé proprement, paramétré et testé. Sinon, vous risquez de croire que la borne s’adapte alors qu’elle recharge toujours à pleine puissance.
Si ce sujet vous concerne, vous pouvez lire aussi notre article sur le délestage dynamique sur une wallbox. Il explique mieux pourquoi ce réglage peut éviter les coupures quand plusieurs appareils fonctionnent en même temps.
Quelle puissance regarder avant de choisir la borne ?
Le premier chiffre à contrôler reste la puissance de l’abonnement. Mais ce n’est pas le seul. Il faut aussi savoir si votre installation est en monophasé ou en triphasé, quelle puissance accepte vraiment la voiture en courant alternatif, et combien de temps le véhicule reste branché à la maison.
Dans beaucoup de cas, une wallbox 7,4 kW suffit largement pour une recharge nocturne. Passer à plus puissant n’a pas toujours de sens si la voiture ne suit pas, si la maison est en monophasé ou si l’abonnement devient trop juste.
Le bon calcul consiste à partir de votre usage : kilomètres à récupérer chaque jour, heures de stationnement, heures creuses, autres appareils électriques et besoin réel de recharge rapide. Pour creuser ce point, le guide sur la puissance de compteur à prévoir pour une borne de recharge donne une base plus complète.
Ce que le devis doit préciser
Sur un devis sérieux, je m’attends à voir autre chose qu’une simple mention du compteur Linky. L’installateur doit indiquer la puissance de la borne, la présence ou non d’un délestage, le cheminement du câble, la ligne dédiée, les protections prévues et les contrôles réalisés lors de la mise en service.
Vous pouvez aussi demander si la borne utilisera une information venant du compteur, comment la limitation de puissance sera réglée et ce qui se passe si la maison approche de la puissance maximale. Ce sont des questions simples, mais elles évitent les installations vendues trop vite.
Dernier point : ne modifiez pas le tableau vous-même pour “préparer” la borne. Prenez des photos, notez votre puissance souscrite, votre type de contrat et vos habitudes de recharge, puis laissez l’installateur IRVE vérifier le compteur, la terre, les protections et le trajet du câble. C’est moins vendeur qu’une promesse automatique autour de Linky, mais c’est ce qui permet d’avoir une installation fiable.
